Mémorial de la Clairière de l'Armistice

 

Le choix de la clairière

Lorsqu'il faut déterminer le site plusieurs solutions s'offrent à la décision : serait-ce une localité plus ou moins importante. Faudrait-il la choisir à l'arrière ou dans une région des pays envahis et récemment libérés ? Le quartier Général du commandant en chef n'est-il pas la solution la plus simple et la plus naturelle ? C'est celle qui a d'abord retenu l'attention du Maréchal.

Mais à la réflexion, le Quartier Général installé depuis quelques semaines à Senlis cité trop rapprochée de Paris ne manquera pas d'attirer rapidement les hommes politiques, les publicistes ou les simples curieux de tous pays. D'autre part dans cette ville maltraitée en 1914 (incendies, maire et otages fusillés) il faut éviter le risque d'une légitime indignation.

Fort de ces considérations et soucieux d'éviter toute humiliation à un ennemi vaincu, le Maréchal choisit donc de procéder dès le 6 novembre à des reconnaissances en forêt de Compiègne. Il confie au personnel de la Direction des Transports Militaires aux Armées (DTMA) installée à Chantilly la mission de rechercher aux abords de Rethondes un emplacement discret pour y garer deux trains.

Les investigations tant en gare de Rethondes qu'au raccordement direct des lignes de Soissons et Villers Cotterets ne donnent pas satisfaction. Dans l'après-midi du 6 novembre le convoi de voitures emprunte la route de Soissons et traverse tout à coup une voie ferrée dont l'existence est ignorée.

C'est en réalité un épi de tir d'artillerie sur voie ferrée à deux kilomètres environ de la gare. La voie ferrée à même le terrain naturel sur des traverses mal équarries avec peu de ballast chemine à travers les arbres de la forêt. Deux voies peuvent recevoir les trains et leur distance favorise l'isolement loin de tout chemin public. L'épi de tir paraît à tous la solution préférable.

La mission regagne alors le Quartier Général et les propositions recoivent l'accord de l'Etat Major.

Le train du Maréchal Foch parvient à son emplacement en fin de journée du 7. Il fait encore nuit quand celui des plénipotentiaires allemands parti de Tergnier à 3 h 45 s'arrête dans la forêt le 8 matin. Il est 5 h 30 et l'ombre chargée d'eau où se balance la lanterne rouge guidant la manoeuvre estompe les arbres de la clairière.

La solitude du lieu assurera le calme, le silence, l'isolement et le respect de l'adversaire.

 

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